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Cette année, j’ai décidé de faire connaître les métiers de la traduction à travers les parcours de confrères et consœurs. Notre deuxième entretien est consacré à Kathryn Smyth[1], traductrice indépendante, qui travaille du français vers l’anglais. Installée à Nantes depuis 2012, Kathryn s’est spécialisée dans les domaines de la construction navale et les énergies renouvelables, notamment. Ses spécialités viennent de ses expériences tant industrielle que technique acquises avant sa reconversion professionnelle. Elle intervient également dans la formation Master 2 Rédacteur-Traducteur de l’Université de Bretagne Occidentale.

Une passion, la traduction, un sens aigu de la réalité économique et une envie de faire partager son expérience d’entrepreneure en tant que traductrice indépendante.

Kathryn Smyth nous parle de son parcours de traductrice indépendante. Elle nous explique ses choix stratégiques ; ses conseils avisés sont autant de pistes à considérer pour évoluer.

Bonne lecture !

Bonjour Kathryn,

Quel a été votre parcours professionnel ? Et ce qui vous a conduit à la traduction.

Originaire d’Irlande du Nord, je suis arrivée en France – et plus précisément à Bordeaux – en 1994, suite à l’obtention d’une Maîtrise de Commerce européen. J’ai d’abord travaillé dans une agence du Conseil Régional d’Aquitaine spécialisée dans la formation à la gestion de l’environnement. J’ai ensuite été Chef de Projets puis Directrice du Département Traduction Europe dans une société franco-américaine spécialisée dans la traduction, la localisation et la formation en langues étrangères. Cette société ayant fermé ses bureaux français en 2001, j’ai ensuite travaillé quelque temps comme Assistante commerciale pour l’un des châteaux viticoles les plus prestigieux de la région bordelaise.

Je suis partie début 2003 à Brest où j’ai passé près de 10 ans à des postes de Responsable Intelligence Économique et Chef de Projets dans les domaines de la construction navale et de l’aéronautique. C’est en 2010 que j’ai décidé de suivre le Master 2 Rédacteur-Traducteur à l’UBO en formation continue post-VAE, dans le but de m’installer à mon compte comme traductrice technique.

Depuis combien d’années exercez-vous, en tant que traductrice indépendante ? Avez-vous constaté une évolution ?

Je suis traductrice indépendante depuis janvier 2012. Je travaille surtout avec des agences de traduction ou de content marketing. Un choix que je privilégie depuis deux ans car cela me laisse plus de liberté pour développer ma deuxième activité indépendante, à savoir la formation professionnelle continue. Mes tarifs se situent dans la fourchette haute des tarifs des agences de traduction (grâce à mon parcours industriel et mes spécialisations très pointues).

En tant que traductrice indépendante il faut savoir imposer ses tarifs

Je suis régulièrement démarchée par des agences qui proposent des tarifs très bas pour un niveau de technicité très élevée, voire extrêmement bas (les fameuses traductions « low-cost », mais comme je ne sais pas faire de la qualité « low-cost »… !!), ou encore des agences qui pratiquent des tarifs dégressifs en fonction du nombre de projets confiés à leurs traducteurs (par analogie. Pourrait-on imaginer un salarié dont le salaire baisse au fil des années passées dans l’entreprise… ?). Une partie de la profession a donc tendance à évoluer dans le mauvais sens, alors qu’une autre partie se bat pour la reconnaissance professionnelle du métier (ce n’est pas parce qu’on se débrouille en vacances ou qu’on a « fait de l’anglais » qu’on est traducteur !!).

Pourquoi avoir choisi d’être intervenante dans un Master de traduction ?

Beaucoup des aspects du quotidien du traducteur indépendant, de la réalité du métier, ne sont pas abordés dans les parcours classiques des Masters de traduction. Quand on est traducteur indépendant, la traduction n’est qu’une partie (majeure, certes) de notre activité. On est d’abord entrepreneur, chef d’entreprise. Il ne faut donc pas négliger tous les autres aspects de la gestion d’une entreprise (marketing, communication, prospection et négociation, comptabilité, business développement, formation professionnelle…).

Et puis il faut également savoir faire face à la nature souvent cyclique de notre métier (surtout quand on démarre), gérer le stress, éviter le burnout, maintenir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle… On devient traducteur par passion, mais le quotidien du traducteur est parfois tout sauf passionnant ! Les Masters de traduction insistent beaucoup sur les compétences techniques nécessaires, et c’est essentiel, mais la capacité à gérer le quotidien contribue presque autant à la réussite d’une activité d’indépendant.

Selon vous, quelles sont les trois qualités indispensables pour exercer le métier de traducteur ?

  • On a besoin de tellement de qualités ! Outre les compétences évidentes qui sont la maîtrise de ses langues de travail et la capacité à bien écrire dans sa langue cible, je dirais :
    le sens de l’organisation, pour pouvoir intégrer dans sa semaine l’ensemble des activités connexes mais essentiels pour la réussite de son entreprise (comptabilité, marketing, prospection…),
    les reins bien solides, pour faire face à la nature cyclique de notre activité avec ses périodes de « famine » (surtout en début d’activité), à des prospects qui proposent 0,03 €/mot, à des clients qui règlent en retard, aux « corrections » faites par des personnes non natives…
    la curiosité et la volonté d’évoluer, de sortir de sa zone de confort pour apprendre une nouvelle spécialisation voire une nouvelle compétence associée (localisation ou copywriting, par exemple).

Quels conseils donnez-vous aux jeunes traducteurs et aux personnes en reconversion que notre métier séduit ?

Au risque de me répéter, il ne faut jamais oublier qu’un traducteur indépendant gère une véritable entreprise. Il ne suffit pas d’être un bon traducteur. Il faut être un excellent traducteur et toujours améliorer son cœur de métier par des formations, par exemple. De plus, il faut également développer des compétences en marketing, en communication, en négociation commerciale, en business développement, en comptabilité, etc. Plusieurs structures proposent des formations, gratuites ou payantes, dans ces aspects essentiels de la gestion d’une entreprise individuelle.

Engagement et bénévolat d’une traductrice indépendante

Je suis membre du Conseil d’Administration de la Fédération des Auto-entrepreneurs. À ce titre, je participe à des salons et autres forums pour les créateurs/repreneurs d’entreprise. Je propose aussi des consultations individuelles et des formations à la création et au développement d’une entreprise individuelle.

[1] Kathryn et moi avons suivi ensemble les cours du Master 2 Rédaction-Traduction de l’UBO.

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Traduction, un métier qui évolue

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