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Voici le deuxième article de la série Vu des USA, comment la Covid-19 a changé les habitudes alimentaires, composée d’articles traduits de l’américain.

Les témoignages publiés en anglais dans la rubrique de circonstance Eating In de la revue électronique The Counter racontent le quotidien bouleversé des Américains. Je remercie chaleureusement Jeffrey Kilgray d’avoir accepté ma proposition de publier la traduction de plusieurs contributions.

Dans cette nouvelle publication consacrée  à la Covid-19 et le confinement des étudiants, voici le récit d’une étudiante confinée sur son campus dans le New-Jersey. Pour lire le premier article ici

Cet article a été publié en anglais dans sa forme originale par The Counter, une plateforme d’informations à but non lucratif, dont le contenu est consacré à l’alimentation aux États-Unis. Les articles traitent autant de la façon de s’alimenter des Américains que du contenu de leur assiette. Découvrir The Counter.Traduction par Françoise L’HEVEDER.

Jimin Kang, étudiante coréenne à Princeton, contrainte de rester dans son université aux États-Unis. D’ordinaire trépidante la vie estudiantine s’est arrêtée du jour au lendemain.

Covid-19 et le confinement des étudiants

Covid-19 confinement des étudiants

Université de Princeton (New Jersey, USA)

 

La Covid-19 a renvoyé la plupart des étudiants du campus à la maison.

écrit en anglais par Jimin Kang , publié le 8 avril 2020

Je suis l’une des rares à vivre encore ici.

La fin de mon semestre de printemps a commencé avec une tranche de pain.

Un mercredi après-midi, au début du mois de mars, je suis entrée dans l’une des salles à manger à l’université de Princeton, où je suis une étudiante en troisième année. J’ai vu que les tranches de pain étaient emballées individuellement dans un film plastique transparent.

 

Photo de Jimin Kang 

Covid-19 confinement des étudiants

La fin de mon semestre de printemps a commencé avec une tranche de pain. Photo de Jimin Kang 

Nouvelles règles de vie

C’était leur façon de répondre à la menace grandissante de la Covid-19, et cela paraissait un peu excessif à ce moment-là, notamment au regard du discours en vogue à Princeton à propos de la nourriture : « restons nature ». J’ai pris un morceau de pain pour le montrer à mes amis, comme une sorte de dystopie qui les ferait rire, je l’imaginais.

Covid-19 confinement des étudiants

À l’université de Princeton des panneaux expliquent comment respecter la distanciation sociale et rappellent les directives de santé et de sécurité pour les repas pris sur le campus. Photo de Jimin Kang 

Je ne savais pas que cette histoire de pain emballé annonçait le cauchemar que nous avions vu sur d’autres campus et que d’aucuns pensaient vivre ici également. Ce même mercredi, quelques heures seulement après mon passage dans la salle à manger, on nous a dit que la plupart d’entre nous avaient huit jours pour quitter le campus. C’était juste avant les vacances de printemps, au milieu l’année universitaire ; ce qui s’est joué après est une brume nébuleuse. Des amis essayaient de se dire au revoir tout en faisant leurs bagages dans leur résidence universitaire. Nous avons pleuré, nous nous sommes tenus serrés dans les bras, nous nous sommes promis de nous appeler. Et puis nous nous sommes séparés.
Et voilà, la plupart sont partis. Je suis l’une des rares à être restée.

Trois repas par jour, un seul lieu de service

Nos six salles à manger, nos onze clubs de restauration et nos six coopératives ne sont plus qu’un seul lieu de service, où les repas sont servis trois fois par jour dans des contenants et des tasses jetables.

En tant qu’étudiante internationale venant de Corée du Sud, je fais partie d’une poignée d’étudiants qui ont été autorisés à rester sur le campus pour le reste du semestre. Nos six salles à manger, nos 11 clubs de restauration et nos six coopératives ne sont plus qu’un seul lieu de service, où les repas sont servis trois fois par jour dans des contenants et des tasses jetables. Et le pain ? Toujours emballé individuellement. Il y a même des bagels, des muffins et des petits pains emballés sous film plastique. Même en temps de crise, Princeton a trouvé un moyen de nous faire plaisir.

Nouvelle normalité

Avant les repas étaient un temps pour se retrouver tous ensemble.

Mais maintenant, alors que je marche dans la salle à manger vide pour récupérer mon repas, j’ai l’impression d’être dans un champ de mines. Il est interdit aux étudiants de s’asseoir et de manger dans cet espace ; les chaises ont été retournées sur les tables, et nous n’avons pas d’autre choix que de prendre notre plateau et de partir. Les bavardages des étudiants ont été remplacés par le silence et un sentiment de danger imminent se cache partout. À l’entrée, une énorme affiche rouge explique comment pratiquer la distanciation sociale, rappelant qu’il est plus sûr de ramener les barquettes chez soi et de manger seul.

Covid-19 confinement des étudiants

À l’université de Princeton, les étudiants qui vivent encore sur le campus ont des repas servis dans des barquettes à emporter et doivent manger à l’extérieur de la salle à manger. Photo de Jimin Kang 

 

C’est ce que je fais, la plupart du temps. Je m’assois à mon bureau et je dîne en compagnie d’un unique bourdonnement tranquille, celui du mini-réfrigérateur. Je souffre du manque de conversation, pour savoir ce que font mes amis, ce qu’ils mangent. Ils sont tous éparpillés dans le pays.
Mais à d’autres moments, quand le besoin de lien devient trop fort, je profite de la liberté autorisée par les règles de notre nouvelle normalité. Je sais que je trouverai un endroit pour m’asseoir avec un ami qui vit la même chose ; ce sera sur un perron ou à une table à l’extérieur, et nous veillerons à être à deux mètres de distance l’un de l’autre. Nous rirons et essayerons de tirer le meilleur parti de la situation. Comme il fait beau et que les fleurs de printemps apparaissent, on a presque l’impression que rien n’a changé.

Pour lire le premier article ici

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Traductrice médicale et de santé

Parmi mes lecteurs beaucoup savent que je suis passionnée par les habitudes alimentaires. J’aime découvrir de nouveaux goûts, des associations culinaires inédites, revisiter des recettes. Surtout, je m’intéresse à ce que disent de nous le contenu de notre assiette et la façon de partager (ou non) nos repas.Je suis Françoise L’HEVEDER traductrice médicale, de santé et de nutrition. Curieuse par nature et passionnée par mon métier j’accompagne les PME-PMI dans leur stratégie de communication à destination du marché français. Parce qu’une bonne traduction fait oublier que c’est une traduction !
Pour les anglophones voici un aperçu de l’Art de vivre à la française ‘ French Food Habits and the Art de vivre à la française‘ (1st part) and  ‘French Food Habits and the Art de vivre à la française‘ (2nd part)
traducteur littéraire

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